Les médias et les réfugiés

8 février , 2017

Nous savons tous que les médias sont la première source d’information des Québécois. Plusieurs vont déjeuner avec les nouvelles du matin et souper avec les nouvelles du soir. Certains vont pousser les recherches plus loin; d’autres vont s’en tenir à ce qu’ils ont vu à la télévision pour plusieurs raisons. Nous pouvons penser au manque de temps, au manque d’intérêt ou encore au sentiment que nous avons eu toute l’information qu’il y avait à avoir.

Quelles sont les conséquences, positives et négatives, de cette réalité?

On peut certainement remarquer qu‘il y a des tendances en matière d’immigration, qui sont basées bien sûr sur les événements d’actualité.

En conséquence, les crises humanitaires « passées mode » sont peu couvertes laissant croire aux gens que la situation est mieux. Et pourtant.

Pensons aux Congolais qui vivent dans des conditions d’insalubrité catastrophique, et ce, parfois depuis toujours. Pensons à la violence physique, sexuelle qui arrive tous les jours. Pensons à ces familles à la recherche d’un frère, d’une sœur, d’un parent, d’un enfant et qui devront vivre toute leur vie sans savoir si la personne en question est vivante. Ils ont aussi besoin d’aide.

Pensons aux Colombiens qui vivaient aussi depuis le milieu des années 60 avec la guerre civile. Plusieurs milliers de personnes ont périra ou sont portées disparu. Plusieurs millions de gens ont dû être déplacés pour leur sécurité. Ils avaient besoin de notre aide.

Pensons aux Irakiens, en guerre depuis 2006. D’abord avec les États-Unis puis elle s’est transformé en guerre civile. La situation est tellement difficile pour eux que plusieurs vont se réfugier en Syrie, car les conditions de vie leur semblent meilleures. Ils espèrent depuis 10 ans recevoir un appel leur annonçant que leur candidature a été acceptée au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni. Bref, tout ce qu’ils veulent c’est dormir tranquille, sans le bruit des bombes et sans craindre la milice. Ils ont aussi besoin d’aide.

Pensons aux Syriens qui boivent de l’eau qu’on ne donnerait même pas à nos plantes. Qui ont de la difficulté à manger, qui sont déportés, qui voient leurs droits les plus fondamentaux bafoués. Ils ont aussi besoin d’aide.

Finalement, pensons à tous les autres, qui crient à l’aide. Les Centrafricains, les Kurdes, aux bosniens, les Burundais, les milliers de civiles innocents qui sont tués, martyrisés chaque jour parfois simplement, car ils se trouvent au mauvais endroit au mauvais moment.

La souffrance ne se quantifie pas. Il est impossible de dire que telle communauté souffre plus qu’une autre. Et c’est bien certain qu’on ne peut accueillir tout le monde. Mais la moindre des choses serait de reconnaître leur existence. Leur dire « vous comptez, vous aussi ». On ne change pas le monde avec l’ignorance. Avec l’éducation, oui.

Il faut rester conscient que les médias n’ont peu de moyens pour couvrir l’internationale. On ne peut les blâmer de couvrir le conflit qui rassemble le plus les gens. Les effets de cette couverture de masse, les nombreuses entrevues qu’on fait les journalistes avec le SANA dans une volonté de bien saisir l’ampleur de l’événement ce sont fait ressentir.

Nous avons vu une mobilisation des Trifluviens dont on peut être très fiers. Les bénévoles de sont présentés par dizaines pour aider. Nous avons eu de nombreuses offres de dons. Nous pouvons affirmer sans aucun doute que le conflit syrien a permis de sensibiliser les Trifluviens, les Québécois, les Canadiens, qui se sont levés avec une solidarité extraordinaire. Nous pouvons être fiers.